Saint-Denis : les commerces du Stade ont souffert face au « mur de la honte » (Le Parisien)

L’UEFA a voulu tester, pour la finale de coupe de France entre le PSG et l’OM, cette installation prévue pour l’Euro du 10 juin au 10 juillet. La fédération européenne évoque des questions de sécurité. Mais la mairie de Saint-Denis et les commerçants rétorquent « concurrence déloyale » puisque les supporters assoiffés étaient orientés dans le nouveau périmètre pour commencer dans l’enceinte du Stade. Comme le montre la photo, une heure avant le début du match, la rue Jules-Rimet, d’ordinaire si animée, était quasi vide. Une réunion avec la préfecture, les organisateurs de l’Euro, la ville et les commerçants est prévue mercredi pour tenter de trouver une solution.

Edmond n’en revient toujours pas. Le gérant de la brasserie Balyann n’a jamais fait un chiffre d’affaires aussi bas un soir de match. « Il a baissé de 60%, s’étrangle-t-il. Là où d’habitude je fais 350 couverts, samedi je n’ai eu que 75 clients. Franchement, j’ai travaillé à perte ». Si les commerçants se doutaient que ce grillage compliquerait leur travail, ils n’imaginaient pas que ce serait à ce point. « On a jeté 20 kg de frites, 120 steaks, 25 kg de merguez, énumère, encore sous le choc, un employé d’Edmond. La rue était vide. En plus de la grille, les CRS l’ont bloqué dans dans les deux sens. Pour venir chez nous, il fallait être sacrément motivé.»

Résultat : le Balyann a fermé deux heures plus tôt que d’habitude et a renvoyé chez eux la moitié des 22 extras engagés pour l’évènement. « Même à la sortie, les spectateurs ont été dirigés vers les rues adjacentes, aucun n’est passé devant notre restaurant, enrage Edmond. On a été obligé de fermer notre buvette à 21 heures. C’est inimaginable. L’UEFA oblige ainsi les supporters à utiliser les buvettes du stade. La sécurité n’a rien à voir là-dedans. »

Mais la résistance s’organise. Samedi soir, les commerçants ont fait venir un huissier pour constater la perte de chiffre d’affaires. Ils sont aussi soutenus dans leur combat par la mairie PC de Saint-Denis qui a refusé l’installation du mur. C’est le préfet qui l’a décidé en se substituant au maire. « Il y a près de 250 emplois en jeu, s’emporte Stéphane Peu, maire adjoint présent samedi soir. Les commerçants ont déjà été atteints par les attentats du 13 novembre, c’est donc une double peine pour eux. Je rappelle également qu’ils paient un loyer 30% plus cher à cause de la proximité du Stade de France. »

Lors de la réunion de mercredi, l’élu compte proposer ses solutions. « Soit on enlève le mur et on revient au dispositif qui a été mis en place après les attentats et qui a fait ses preuves, détaille Stéphane Peu. Soit on agrandit le périmètre du mur pour y inclure les commerces de la rue Jules-Rimet. » Les anti-mur vont également s’appuyer sur les couacs au niveau de la sécurité relevés samedi. S’ils n’obtiennent pas satisfaction, une action en justice sous forme de référé est envisagée. L’office du tourisme, située dans la même rue, pourrait également se joindre à l’action. « Il serait effectivement aberrant que l’un des principaux sites d’informations sur la ville soit inaccessible pour les milliers d’étrangers attendus à partir du 10 juin », souligne Stéphane Peu.

Article rédigé par Sébastien Thomas.

Source: http://www.leparisien.fr/saint-denis-93200/saint-denis-les-commerces-du-stade-ont-souffert-face-au-mur-de-la-honte-22-05-2016-5819449.php#xtor=RSS-1481423633?utm_source=Minutenews&utm_medium=link&utm_campaign=feed

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